DVS Biomarqueurs et Tests Compagnons

Contexte et enjeux

L’industrie pharmaceutique rencontre de nombreuses difficultés pour mettre sur le marché de nouveaux médicaments. Le nombre de médicaments obtenant une AMM décroit alors même que le nombre de molécules soumises aux instances réglementaires reste constant (Nature Reviews/Drug Discovery (2009) vol 8, p959-967). Le coût de développement d’un nouveau médicament a considérablement augmenté ces dernières années. En cause, une attrition considérable due notamment au faible pouvoir prédictif de certains modèles animaux, à l’apparition de toxicités chez l’homme, ou encore à l’insuffisance d’efficacité clinique sur la population considérée.

En réponse à ces nouvelles pressions, le concept de médecine personnalisée s’impose de façon croissante depuis deux décennies et fut initié par le laboratoire pharmaceutique suisse Roche. Ce concept est fondé sur le fait qu’un même médicament peut provoquer des réactions différentes selon les malades, et que pour un patient donné, certains médicaments sont efficaces et d’autres pas. Avec l’introduction dans les années 1990 de l’Herceptine pour traiter le cancer du sein, Roche a démontré qu’il était possible d’anticiper le résultat, grâce à un simple test génétique sur les patients, et de montrer ceux pour qui le traitement serait le plus bénéfique, et ceux pour qui il ne le serait probablement pas. L’Herceptine, qui traite le cancer du sein et agit seulement sur les cancers des femmes qui sur-expriment le gène HER-2, a été ainsi le premier médicament autorisé issu de la médecine stratifiée. On disposait ainsi du traitement et du test compagnon correspondant.

Dans cette obligation pour l’industrie pharmaceutique de réinventer son modèle économique, les biomarqueurs sont appelés à jouer sans aucun doute un rôle déterminant dans les évolutions à venir. Dans ce domaine des biomarqueurs, rien n’est encore figé. Les industries pharmaceutique (Sanofi, Roche, Pfizer…), diagnostique (Abbott, Roche, BioMerieux, BioRad…) et instrumentation (Illumina, Brücker, LifeTech…) sont en pleine mutation et les initiatives de coordination et de structuration auront des retombées positives tant pour la recherche académique que pour l’économie. Car en effet, même si tout le monde est convaincu que les biomarqueurs joueront un rôle essentiel, un certain nombre de verrous demeurent encore limitant leur utilisation. Et, si de nombreux biomarqueurs ont d’ores et déjà été identifiés, très peu atteignent le marché.

Marché et attente des industriels

Le modèle économique actuel des industries pharmaceutiques, notamment sous les pressions économiques, est en pleine mutation : le modèle qui émergera de l’approche biomarqueurs n’est pas encore figé et amènera très certainement de nouveaux entrants sur les chaines de valeur.

Pour ce qui est des industriels du médicament, certains médicaments en phase 2 n’offrent pas d’efficacité suffisante pour prétendre à un remboursement ultérieur et doivent être abandonnés. A ce stade, l’identification de biomarqueurs susceptibles de distinguer les patients répondeurs des non répondeurs permettrait d’accroitre l’efficacité du candidat médicament sur une population donnée. Cette approche conduirait certes à une diminution de la population cible concernée, mais elle permettrait de prétendre à une bien meilleure efficacité. Cette approche conduira très certainement à une réinvention des modèles économiques.

Les industriels du diagnostic attendent également beaucoup de l’approche biomarqueur. Si les premiers appréhendent essentiellement les biomarqueurs dans une perspective de développement de médicament (biomarqueurs de cibles, de stratification), les industriels de diagnostic s’intéressent plutôt aux biomarqueurs de diagnostic, de qualification de risque ou de réponse à un traitement thérapeutique. Plusieurs raisons expliquent cette différence. En premier lieu, les échelles de temps de développement d’un médicament rend difficile pour les industriels de diagnostic un investissement « test compagnon » associé à un médicament sur le très long terme. Par ailleurs, les aspects réglementaires qui leur imposent de passer par l’enregistrement d’un acte spécifique envisageable uniquement lorsque le médicament en question a obtenu son AMM, rendent compliquée l’approche biomarqueurs compagnons. Comme pour les industriels du médicament, les modèles économiques restent à identifier.

Enfin, certains industriels des STIC associées aux bases de données, à la modélisation des systèmes complexes ou à la simulation (Dassault, CAP GEMINI, IBM, Google…) commencent à s’intéresser aux aspects bases et analyses de données médicales. Ces nouveaux entrants pourraient dans un avenir proche jouer un rôle moteur dans la standardisation des approches biomarqueurs.

Actions envisagées

 Le DVS Biomarqueurs et tests compagnons propose de réunir l’ensemble des acteurs de la chaine de valeur afin de :

  • Identifier les équipes qui travaillent sur la recherche et la validation de biomarqueurs (par pathologies ou technologies)
  • Recenser les biomarqueurs et les positionner en fonction de leur stade d’avancement en termes de validation médicale (identifié, vérifié, validé) et validation technique (reproductibilité, sensibilité, spécificité, robustesse de l’analyse) et proposer une aide à l’accompagnement, le tout en mode projet.
  • Travailler avec les industriels pharmaceutiques, diagnostique et de l’instrumentation pour évaluer le stade de développement et le niveau des interactions à mettre en place entre ces différents acteurs et les académiques
  • Recenser les méthodes d’analyses ou de mesures des biomarqueurs et les acteurs qui les développent (académiques et industriels)
  • Travailler avec les industriels sur des molécules pour lesquelles ils souhaiteraient une recherche de biomarqueurs spécifiques.
  • Faire avancer les réflexions sur les questions de modèles économiques et de remboursement en s’appuyant sur des cas concrets et une définition précise de la clinical utility.

Date de création : juin 2014 
Établissements coordinateurs : Inserm Transfert / ITMO Technologies pour la Santé (TS)
 Coordinateurs : Pauline Solignac (Inserm Transfert) / Franck Lethimonnier (ITMO TS)
 Chef de projets : Inês Amado (Aviesan)

Le comité de domaine est chargé de suivre l’évolution des objectifs fixés par le DVS et de valider les rapports, études et documents stratégiques produits par le DVS. Il est constitué de 40-50 personnes qui se réunissent 2 fois par an.

Il comprend :

  • Co-coordinateurs du DVS : Pauline Solignac et Franck Lethimonnier
  • Chef de projets : Inês Amado
  • Des représentants: Inserm, Inserm Transfert, INRA Transfert, CNRS, FIST SA, ANSM, ITMOs (santé publique, cancer, etc.), EFS, INRIA, APHP, Institut Curie, Eurobiomed, Medicen, Institut régional du Cancer de Montpellier, Biorad, Roche, GSK, Servier, SAS Kyomed , Cysbio Bioassays, etc.
  • Des représentants des industriels ARIIS, du Leem et du SiDiV
  • Des représentants des SATT
  • Un représentant de la cellule de direction du CVT
  • Des scientifique(s) référent(s)

Actualités

Le comité de domaine n°5 s’est tenu le 18 Mars 2016.

Pour suivre les nouveautés du DVS télécharger les newsletters.
Newsletter 5 (janv. 2016) - Newsletter 4 (sept. 2015) - Newsletter 3 (mai 2015) - Newsletter 2 (dec. 2014) - Newsletter 1 (sept. 2014)

Les trois études lancées début 2015 par le DVS sont des pistes de réflexion pour, collectivement, définir des phases opérationnelles pour développer des biomarqueurs et valider de nouveaux tests en partenariats public/privé, pour les patients :

  • une étude et cartographie du portefeuille "biomarqueurs" français : des brevets (académiques et industriels), des compétences, des publications et des projets
    Lire l'étude réalisée par Questel Consulting ;
  • une étude auprès des utilisateurs finaux dont le but est de comprendre dans quels domaines et quels « golds standards » pourraient être remplacés par mieux et sur quels paramètres
    Lire l'étude réalisée par Abso Consulting ;
  • une étude prospective des marchés identifiés par les deux autres études dans le but de définir une stratégie de développement des compétences académiques françaises
    Lire l'étude réalisée par D&Consultants.
Voir Modifier Créer ici