DVS Biomarqueurs en Neurologie et Psychiatrie

Le DVS Biomarqueurs en Neurologie et Psychiatrie a pour objectif de favoriser l’identification et l’utilisation de biomarqueurs indispensables au diagnostic et au suivi des maladies et au développement de traitements appropriés.

Le DVS organise un dialogue rapproché entre chercheurs, cliniciens, industriels, acteurs de l’innovation, du financement et de la régulation afin de faciliter l’émergence de projets innovants permettant de disposer de biomarqueurs pertinents en neurologie et psychiatrie.

Contexte

Malgré les progrès considérables réalisés en termes de compréhension des mécanismes à l’origine des maladies neurologiques et psychiatriques, il n’existe pas actuellement de traitement efficace pour empêcher ces pathologies de se développer, d’évoluer ou d’en amoindrir les symptômes.

Et pourtant, les maladies du cerveau font porter à nos sociétés un important fardeau. Des analyses épidémiologiques et médico-économiques récentes (European Neuropsychopharmacology 2011, 21, 718-779), montrent que les coûts liés à ces affections atteignent en Europe, en 2010, 798 milliards d’euros, soit 1500 euros par citoyen européen. La même étude démontre que les investissements dans la recherche sur ces maladies sont paradoxalement bas, au vu de leur enjeu sociétal.

La difficulté du développement et du coût de la recherche sur le cerveau ont conduit à un désengagement progressif de l’industrie pharmaceutique et un intérêt décroissant pour les maladies neurologiques. De plus, de nombreux essais cliniques dans ce domaine se sont montrés infructueux. Une partie de ces échecs peut être attribué à l’hétérogénéité des populations de malades inclus dans les essais, qui souffrent de sous type de maladies différents dont le profil d’évolution est lui aussi variable.

De plus, la présence de la barrière hématoencéphalique (BHE), spécificité du cerveau, oblige à administrer des doses élevées qui s’accompagnent dans certains cas d’effets secondaires. Toujours en raison de la BHE, il est souvent difficile de déterminer si les molécules administrées agissent bien sur leur cible théorique.

Dans ce contexte, disposer de biomarqueurs doit permettre un diagnostic précoce, une stratification cohérente des patients, un monitorage de l’évolution de la maladie, une évaluation du pronostic et de la réponse thérapeutique. Disposer de tels outils est également précieux pour la recherche thérapeutique puisque les traitements actuellement disponibles sont tout à la fois insuffisants en qualité et en nombre.

Enjeux et attentes

Notre cerveau est le fruit d’une longue évolution. Avec plus de 100 milliards de neurones connectés entre eux la recherche en Neurosciences, Sciences Cognitives, Neurologie et Psychiatrie est plus que tout autre domaine des sciences du vivant, confrontée à la question de la complexité.

La compréhension de la logique de l’assemblage hiérarchique des milliers de composants moléculaires, cellulaires et tissulaires du système nerveux, de leur dynamique et de leur plasticité est indispensable pour aborder la complexité des fonctions du système nerveux de l’être humain. Cette compréhension est également indispensable pour mieux comprendre les mécanismes qui sous-tendent les maladies neurologiques et psychiatriques et être ainsi en mesure de développer des traitements efficaces.

Plus que dans tout autre domaine, l’identification de biomarqueurs en neurologie et psychiatrie est un enjeu essentiel. Ces derniers permettront :

  • d’une part de mieux comprendre les mécanismes physiopathologiques sous-jacents et,
  • d’autre part de stratifier les patients (anticiper les effets secondaires ou les personnes à risque d’effets indésirables graves), de vérifier que le médicament agit sur la cible identifiée (biomarqueur compagnon), d’apprécier à l’avance l’efficacité d’un traitement. 

Après consultation des équipes académiques, des cliniciens et des industriels, il s’avère quele développement de biomarqueurs en neurologie et en psychiatrie est un enjeu essentiel que le DVS entend accompagner.

Actions envisagées par le DVS

Le DVS propose donc de lever un certain nombre de contraintes qui limitent aujourd’hui la valorisation de biomarqueurs en neurologie et psychiatrie. Ainsi, les premières étapes vont être de construire et partager des données déterminantes sur les opportunités de valorisation dans ce secteur, en clarifiant la réponse à plusieurs questions :

  • De quels biomarqueurs dispose-t-on dans la recherche académique ?
  • Quels sont les besoins cliniques non satisfaits, ou imparfaitement satisfaits ?
  • Quels sont les bons critères de valeur d’un biomarqueur en neurologie et psychiatrie ?
  • Quelles sont les compétences, actuelles et prospectives, du tissu industriel ?
  • Où en sont les initiatives et la concurrence internationale ?
  • Quels sont les chemins d’innovation qu’emprunteront les biomarqueurs pour progresser vers le marché ?

Adossé à l’ITMO neurosciences d’Aviesan et en lien étroit avec l’ICM, ce DVS entend s’appuyer sur un réseau de chercheurs et de cliniciens et avec les partenaires industriels et les acteurs de l’innovation s’attacheront à favoriser l’émergence de projets innovants.

Votre expertise et votre rôle sont déterminants pour identifier, promouvoir et concrétiser des opportunités de valorisation. N’hésitez pas à rejoindre le réseau du DVS Biomarqueurs en Neurologie et Psychiatrie !

Définition des biomarqueurs en neurologie et psychiatrie

Dans le cadre du Domaine de Valorisation Stratégique (DVS) des biomarqueurs en Neurologie et Psychiatrie, le terme de biomarqueur correspond à un outil de mesure de caractéristiques, de façon objective, avec précision et reproductibilité, qui permet entre autre de distinguer un état physiologique normal d'un état pathologique ou une réponse à un traitement thérapeutique ainsi que de constituer des sous-groupes de patients (stratification).
On pourra les classer selon :

la nature du paramètre mesuré :

anatomique, physiologique, biochimique, moléculaire, immunologique, physique, comportement

la technologie de support :

génomique, transcriptomique, protéomique, métabolomique, lipidomique, immunogénétique, imagerie, analyse des données, questionnaires/échelles cliniques, enregistrements

le niveau de complexité :

monoparamétrique, multiparamétrique (détermination d’une signature biologique)

l'étape, biomarqueurs :

  • diagnostic et/ou prédictif 
  • de stade et de pronostic 
  • de recherche – mécanistique ou de stade 
  • d’efficacité 
  • de toxicité
  • de pharmacogénomique.

Date de création : mars 2015 
Coordinateurs : Étienne Hirsch, Bernard Poulain et Alexis Brice
Établissements coordinateurs : l’Institut Thématique Multi Organismeneurosciences, sciences cognitives, neurologie, psychiatrie et l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière
Chef de projets : Flavie Pouillot

Actualités

  • Atelier "Modes de protection des biomarqueurs en neurologie et psychiatrie" : le 11 mars 2016 à Paris (complet).
  • Atelier "Modes de protection des biomarqueurs en neurologie et psychiatrie" : le 6 avril 2016 à Lyon. S'inscrire.
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